Le pied de la tour des Sorbiers a pris des couleurs depuis le début de la semaine. Deux graffeurs sont intervenus lundi matin, bombes aérosols à la main, pour réaliser une fresque XXL… sans autorisation officielle. Ders et Dreamer assume une œuvre éphémère.
➡️ Une demande restée sans réponse
Impossible de manquer l’œuvre de 15 mètres de long sur 3,50 mètres de haut, visible dans les contrebas de la Résidence Ardenne. Les deux artistes expliquent pourtant avoir d’abord tenté la voie légale. « On a sollicité Habitat 08 pour transformer ce mur en espace d’expression, on voulait en faire une résidence pour plusieurs artistes européens mais on n’a jamais eu de réponse », raconte les graffeurs. Ils ont finalement décidé de profiter d’une météo favorable et passer à l’action avec leurs graffitis.
➡️ Des tours bientôt démolies
Arrivés sur place à 7 h 30 lundi, les graffeurs ont travaillé toute la matinée avant de quitter les lieux vers 15 heures, presque incognito. « On agit tellement naturellement que les gens pensent qu’on a l’autorisation. Ça s’appelle y aller au culot », sourit Ders. Les artistes relativisent toutefois l’illégalité de leur intervention. « Les tours doivent être démolies dans le cadre du programme Quartier de demain, alors on ne pense pas avoir fait de mal », coupe Ders. En tout cas, 20 bombes aérosols et deux pots de peinture plus tard, le résultat est là.
➡️ Embellir plutôt que dégrader
Réunis au sein du collectif Le Paté Crewte, les deux jeunes revendiquent une démarche artistique visant à remplacer des tags existants par des fresques plus travaillées. « Allez voir sous les ponts de la voie verte, glisse dreamer. On recouvre souvent des murs déjà dégradés pour ensuite proposer quelque chose de plus esthétique. » Les forces de l’ordre auraient même déjà renoncé à les verbaliser devant le travail effectué. Le manque de supports légaux reste selon eux le principal frein à leur expression artistique. « On a déjà peint sur des planches en bois mais ça ne peut pas suffire », avance les jeunes gens.
➡️ Une reconnaissance encore attendue
Leurs réalisations sont d’ailleurs visibles à plusieurs endroits de la commune, notamment autour du stade Louis-Dugauguez ou sur un mur d’un restaurant du centre-ville. Leur candidature au Parcours Rimbaud n’a en revanche jamais été retenue. « Un collègue a tenté plusieurs fois, mais ça ne passe pas. Peut-être que notre travail ne correspond pas aux choix artistiques ou à Charleville ils préfèrent mettre en lumière les artistes hors département», réagit Ders.
Un appel à projets réunit pourtant neuf fresques Rimbaud à réaliser en 2026. Les deux graffeurs devraient y aller de leur dossier. Histoire de pouvoir exposer leur talent et leurs graffitis dans un cadre légal afin de se faire connaître au grand jour.