Les ambulanciers vont se mobiliser massivement ce mercredi à l’échelle nationale mais aussi dans le département. Une action locale est prévue à Charleville-Mézières avec une vingtaine d’ambulances attendues en cortège pour interpeller les pouvoirs publics et les élus du territoire face à une crise estimée sans précédent.
➡️ Le « sit-in » des brancards
À l’appel des entreprises de transport sanitaire du département, les professionnels vont se réunir dès 9h30 sur le parking des ambulances Saint-Julien, rue de Warcq, avant de rejoindre les entrées de Manchester pour une opération symbolique baptisée « sit-in des brancards ». Le cortège d’environ vingt véhicules doit ensuite se diriger vers les locaux de l’Agence régionale de santé (ARS) puis vers la préfecture des Ardennes. Un arrêt est prévu au passage devant la CPAM. Une motion de revendications sera déposée aux alentours de 11h45.
Les ambulanciers doivent également rencontrer Boris Ravignon, maire et président du conseil d’administration du centre hospitalier Nord Ardennes afin d’évoquer les difficultés rencontrées par la profession. Les organisateurs assurent que l’action restera encadrée : les urgences vitales continueront d’être prises en charge, tout comme les transports indispensables, notamment pour les patients en dialyse ou en oncologie.
➡️ L’asphyxie du secteur : délais de paiement, carburant, hausse des charges
Cette mobilisation locale s’inscrit dans une journée blanche nationale lancée par la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA). Tout ou partie des missions programmées pourraient être suspendues partout en France afin d’alerter sur « l’asphyxie économique » du secteur. Selon l’organisation professionnelle, les entreprises d’ambulances travaillent désormais à perte et les défaillances se multiplient. En 2025, leur nombre aurait triplé par rapport à l’année précédente, fragilisant le maillage territorial et la continuité des soins.
Le secteur dénonce notamment des coûts non compensés par l’Assurance maladie, une hausse des charges liée à l’inflation et au carburant, ainsi que des délais de paiement hospitaliers pouvant atteindre un an.
➡️ Un risque direct pour l’accès aux soins
Les ambulanciers rappellent assurer chaque année plusieurs dizaines de millions de transports sanitaires programmés et d’interventions urgentes. Selon la CNSA, la disparition progressive d’entreprises pourrait entraîner retards de prise en charge, reports de transports médicaux et désorganisation des sorties d’hospitalisation, au détriment des patients les plus fragiles. La profession réclame notamment un déblocage de fonds d’urgence, l’ouverture de négociations avec l’Assurance maladie sur un modèle économique durable et une meilleure reconnaissance du temps de travail non rémunéré.
Les professionnels entendent veulent se faire entendre et alerter sur une situation qu’ils jugent critique : sans réponse rapide des pouvoirs publics, le transport sanitaire pourrait, selon eux, « atteindre un point de rupture ».
📝 Samuel Thiolière