Rosine Chagaar pensait avoir décroché l’emploi idéal grâce à la plateforme Indeed. Son enthousiasme s’est transformé en cauchemar. Victime d’une arnaque particulièrement bien ficelée, la jeune femme a perdu 660 euros et découvert que des prêts avaient été contractés à son nom. Elle a choisi de témoigner pour alerter.
➡️ Une opportunité professionnelle crédible
Auto-entrepreneuse active sur les réseaux sociaux avec Rose Boutik’, Rosine souhaitait diversifier son activité. Alors elle a sauté le pas le mois dernier et s’inscrit sur Indeed à la recherche d’un poste de téléconseillère en assurance ou mutuelle. Moins de quinze jours plus tard, une offre attire son attention : un emploi en télétravail pour la société Alan, spécialisée dans l’assurance santé. « J’ai envoyé mon CV immédiatement et j’ai obtenu un rendez-vous très rapidement », raconte-t-elle. Un premier entretien en visioconférence est organisé avec un prétendu assistant RH. Questions précises, échanges professionnels, analyse de son parcours : tout semble très sérieux. Convaincante, Roseline est alors conviée à un second entretien avec un supposé directeur des ressources humaines.
➡️ Les documents pour finaliser l’embauche
Le DRH prend connaissance de ses motivations, la questionne sur l’entreprise puis lui annonce le soir même par mail qu’elle est retenue. « J’avais révisé et fait des fiches pour ne pas me rater », lâche la jeune femme. Suite logique plusieurs documents lui sont demandés pour établir son contrat de travail : RIB, pièce d’identité et justificatif de domicile. Rien de vraiment inhabituel.« J’étais très heureuse. Tout paraissait normal, comment se douter », confie-t-elle. On lui explique ensuite qu’un ordinateur MacBook et un téléphone professionnel lui seront envoyés pour suivre une formation en visioconférence destinée aux nouvelles recrues.
➡️ Une “caution” pour le matériel
Le faux DRH lui demande alors un virement de 330 euros, présenté comme une caution destinée à éviter les abus de candidats recevant le matériel sans donner suite. Il se méfie des arnaques, un comble. La somme doit être remboursée dès le premier salaire. « Il m’a expliqué qu’ils avaient déjà eu des problèmes avec des gens peu scrupuleux. Avec le recul, c’est ironique… », souffle Rosine. Rassurée par des échanges réguliers et des coordonnées apparemment cohérentes, elle effectue le virement.
Son interlocuteur la recontacte le lendemain : une erreur de référence aurait perturbé la comptabilité. Il lui demande d’effectuer un second paiement de 330 euros et promet un remboursement intégral. C’est vrai, Rosine n’a pas noté la référence comme indiqué dans le mail, elle s’exécute une nouvelle fois. « Il me dit que j’allais avoir une journée de retard pour commencer le boulot avec ces aléas mais que mon lundi serait payé », précise la jeune femme.
➡️ Le piège se referme
Convaincue de commencer un télétravail à temps plein, Rosine aménage une pièce de son domicile, achète un nouveau bureau et réorganise son activité professionnelle le week-end dernier. Mais le matériel promis n’arrive pas en début de semaine. Inquiète, elle vérifie la situation et sollicite plusieurs avis, notamment Chat GPT qui flaire la grande arnaque. Les premiers doutes apparaissent. Le ton change d’ailleurs brutalement avec le DRH quand Rosine tient à livrer le fond de sa pensée. « Je suis stupéfait de vos doutes alors que chez Alan nous mettons un point d’honneur à la relation de confiance avec les collaborateurs », lui lance-t-il. Poussé dans ses contradictions, l’homme finit par lui avouer l’arnaque et lui en dire plus. « Il m’a dit clairement que je ne reverrais jamais les 660 euros et qu’avec mes documents pour le contrat de travail il avait contracté un prêt à la consommation et un autre chez Apple », raconte Rosine.
➡️ La banque de France et l’huissier
La jeune femme engage immédiatement les démarches d’urgence : opposition bancaire, dépôt de plainte, renouvellement de sa carte d’identité et de sa carte Vitale. Elle porte plainte au passage contre Indeed. « C’est la plateforme qui m’a dirigée vers cette annonce. Ça veut dire que les offres ne sont pas suffisamment vérifiées », estime-t-elle. Aujourd’hui, l’inquiétude porte surtout sur les crédits frauduleux contractés à son nom. « Les 660 euros, c’est l’apéritif, glisse Rosine. Ce sont les prêts qui me font peur. J’attends des retours de la Banque de France et un courrier d’huissier. »
➡️ Un témoignage pour prévenir
Rosine souhaite désormais alerter d’autres chercheurs d’emploi. « Ils étaient extrêmement crédibles. Les mails, le discours, tout ressemblait parfaitement à une vraie entreprise, confie la jeune femme. Je suis particulièrement vexée, moi qui vérifie tout et travaille toute l’année sur les réseaux sociaux, on pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres… jusqu’au jour où ça nous arrive. » L’auto-entrepreneuse est vaccinée, elle a repris son activité sur… son nouveau bureau.