Nous l’avions quitté en octobre dernier dans le bar de son père du côté de Manchester. Yoni Valverde était fêté par son clan malgré la défaite en demi-finale du WBC Boxing Grand Prix face à Muhamet Qamili. Après un peu plus de quatre mois de pause, il est remonté sur le ring le mois dernier pour l’emporter face au Mexicain Martinez. La vie du champion ardennais va basculer. Son emploi du temps va désormais se partager entre l’Italie et Charleville-Mézières. Il a signé un contrat avec une promotrice de renom de l’autre côté des Alpes. Comme à son habitude, Yoni Valverde s’est confié sans détour. Entretien grand format, à lire sans modération.

✏️Ardennes Actus: Yoni, raconte-nous d’abord les jours et les semaines qui ont suivi ta défaite au Grand Prix WBC de Riyad ?
🎤Yoni Valverde: On ne va pas se mentir, je faisais bonne figure devant tout le monde mais ça a été très dur. Moi je dis rien, j’encaisse mais je me suis dit que j’avais laissé passer la chance de ma vie. Après, j’ai plus boxé pendant deux mois. Fallait faire le point après tous les sacrifices, et puis j’ai ressenti un manque.

✏️Tu as donc fait un break pour reprendre la direction de la salle ?
🎤En janvier, je suis retourné à la muscu auprès de mon préparateur physique qui m’a soutenu et parlé avec franchise de cet échec. Cette défaite ça a été un mal pour un bien. J’ai commis une erreur (il montre sa garde trop basse NDLR) et ça n’arrivera plus. Le haut niveau ça se joue à des détails. Après, ce combat face à Martinez a été signé, j’avais deux mois devant moi. On s’est remis au travail avec le staff, sans tricher, comme on sait faire.

✏️Il ne fallait pas se rater pour ce retour face au Mexicain où tu étais très attendu?
🎤Non, fallait surtout pas se rater, je revenais après un KO. Tu sais un KO ça peut déstabiliser un boxeur, tu peux avoir de l’appréhension quand tu dois remonter sur le ring. Ça s’est pas passé comme ça pour moi, tant mieux. J’avais choisi ce Mexicain, numéro 1 de son pays, un vrai bon. Il était venu pour gagner, moi boxer pour boxer ça m’intéresse pas. Hamid l’a compris. Je voulais un vrai test. D’ailleurs j’ai voulu qu’il vienne avant en France pour l’avoir à 100 % sur le ring parce que tu sais dans la boxe t’as dex combats… Au final j’ai fait un bon combat parce que j’allais le mettre KO si l’arbitre n’arrête pas avant.

« Face à Magnesi, tu peux me croire c’est pas facile, y’en a qui repartent le lendemain. Je suis resté deux semaines »

✏️Ton avenir s’est accéléré avec l’opportunité d’une autre team ?
🎤 Pendant la préparation du Mexicain j’ai reçu un message du champion italien Michael Magnesi qui voulait croiser les gants avec moi. Il préparait sa demi-finale mondiale WBC dans la même catégorie que moi. J’y suis resté deux semaines. Ça m’a reboosté de me retrouver face à ce boxeur ultra doué, un dur, un champion et un mec très respectueux.

✏️On sent à travers tes paroles que tu t’es senti dans ton élément ?
🎤Oui je me suis vite senti comme chez moi. Ils m’ont accueilli de manière incroyable, ils m’ont même emmené à Rome pour me faire visiter. Ils n’étaient obligés de rien. Sinon on a bossé dur, j’ai tenu sept mises de gants face à Magnesi qui frappe tellement fort, tu peux me croire c’est pas facile, y’en a qui repartent le lendemain. Je suis resté deux semaines. C’est d’ailleurs ça qui m’a sûrement permis de leur taper dans l’œil. Sa femme Alexandra Branco-Magnesi est sa promotrice, une femme influente.

✏️Le contrat est donc arrivé sur la table, et tu as signé sans hésitation ?
🎤Oui, une belle opportunité, un contrat de deux ans, huit combats et huit préparations en Italie. Là-bas c’est la boxe professionnelle à tous les niveaux. Infrastructure, entourage médical et staff, un autre monde. La boxe c’est un métier à part entière dans le fonctionnement. Signer avec eux c’est me donner l’ambition d’aller là où je veux aller. La promotrice a de gros moyens financiers, le souci pour elle c’est pas de trouver l’argent pour les combats. Elle est référencée WBC, y’a pas mieux. C’est pour ça qu’elle va gérer ma carrière dorénavant.

« Hamid Zaïm j’ai voulu que son nom soit noté dans le contrat »

✏️Et Hamid Zaïm dans tout ça, lui qui t’a accompagné toutes ces années ?
🎤Hamid Zaïm c’est un homme de confiance. J’ai d’ailleurs voulu que son nom soit noté dans le contrat. Hamid Zaïm sera toujours là, jusqu’à la fin. C’est comme ça. Simplement, maintenant c’est Alexandra (Branco-Magnesi NDLR) qui gère les orientations de carrière. Hamid ça a du lui faire un peu mal mais il le comprend. Il m’a tout donné et ne pouvait pas faire plus.

✏️Concrètement, cette collaboration avec ton équipe va se matérialiser de quelle manière ?
🎤Je ferai les préparations en deux temps avant chaque combat. Dans les Ardennes comme à mon habitude pour le physique mais y’aura aussi un mois là-bas près de Rome pour la mise de gants. Ils ont tous les sparrings qu’il faut, c’est l’idéal. D’ailleurs j’y vais en mai.

« La revanche contre Qamili, je la veux et on la veut »

✏️Tu as déjà une feuille de route donc?
🎤Oui un combat est programmé le 17 juillet en Italie pour un titre WBC. Je viens de rerentrer dans le top 40 WBC c’est important. J’attends de voir qui sera mon adversaire. De toute façon je suis prêt à boxer tout le monde. Mais ce ne sera plus dans les Ardennes il faut se le dire, mes combats seront en Italie maintenant. La promotrice ne dit pas non à un combat à Charleville mais faudra voir ce qui pourrait se faire, ou pas.

✏️Tu le vois comment cet avenir ?
🎤Je le vois tout en haut. Là c’est Michael Magnesi, c’est son moment il va disputer le titre. Il a 32 ans et je vais l’accompagner car on est une équipe. Maintenant, moi j’en ai 24 et un jour ce sera peut-être mon tour. (Il marque une pause) Bon, j’attends autre chose aussi : c’est la revanche contre Qamili. Je la veux et on la veut. Je la mérite. J’irai l’affronter à 10 000 %. J’ai fait une erreur une fois mais c’est fini tout ça.