Christophe Lambert en a gros sur la patate, comme on dit. Le gérant du bar Le Galopin situé rue Jules-Lobet est en conflit avec le service de livraison Mondial Relay. Un client, dont le colis avait été livré dans l’établissement, a déclaré ne jamais avoir reçu sa commande. Mondial Relay tient le point relais pour responsable. De son côté, Christophe Lambert dément formellement avoir égaré ce colis.
➡️ Un colis récupéré mais pas bipé
« Ils n’ont qu’à dire que je l’ai volé pendant qu’on y est », lâche le patron du Galopin. Pas besoin de faire un dessin, le bonhomme est blessé. Tout commence en novembre dernier lorsqu’un client signale à Mondial Relay qu’il n’a jamais reçu son colis censé être livré au Galopin. La plateforme contacte alors Christophe Lambert qui confirme avoir enregistré la réception du paquet. Pourtant, le colis de 23 kilos reste introuvable.
Pour le gérant, le scénario est clair : « S’il n’est plus là, c’est qu’il a été donné, tranche-t-il. Ce client est venu le chercher, mais mon PDA (le bipeur numérique) dysfonctionnait. Je l’avais signalé quatre fois juste avant à Mondial Relay. Je l’ai bipé, mais ça n’a probablement pas fonctionné. Il a vu que la remise n’était pas confirmée et il a fait une réclamation pour colis non livré. En attendant, il n’est jamais venu se plaindre directement. »
➡️ Le point relais fermé du jour au lendemain
Après huit ans de service et des dizaines de milliers de colis remis à sa clientèle, l’affaire refait surface en janvier. Christophe Lambert découvre alors que Mondial Relay lui a prélevé 620 euros pour compenser le colis manquant. La décision est immédiate : « Ça veut dire que je suis responsable si je rembourse, et ça ce n’est pas acceptable. Alors avant de partir en vacances en février, j’ai dit au chauffeur Mondial Relay de rembarquer tous ses colis. Pour moi, c’est terminé. »
➡️ Une situation qui pénalise tout le monde
Depuis, l’arrière-salle du Galopin a paraît bien vide. Fini les piles de colis et les allées et venues de clients venus récupérer leurs commandes, ce bazar bien organisé avait son charme.
Pourtant, certains continuent de pousser la porte du bar avec un paquet sous le bras. « Désolé madame, je ne suis plus affilié à Mondial Relay », répond désormais systématiquement le patron.
Une situation que regrettent aussi les habitants du secteur. Véronique vient justement d’en faire l’expérience : « C’est une honte de mettre en cause ce commerçant. Son honnêteté est indiscutable et c’était vraiment pratique avec ses horaires d’ouverture. »Christophe Lambert partage ce sentiment.
« Au-delà des rentrées d’argent, ça apportait de la vie dans le bar et j’avais de très bonnes relations avec ces clients de passage », confie le quinquagénaire. L’installation d’une caméra aurait peut-être permis d’éviter tout doute. Mais le gérant balaie l’idée : « Ça ne va pas, non ? Je sais bien que c’est la mode, mais ici on ne filme personne. »
Contacté, Mondial Relay n’a pour l’heure pas donné suite à nos sollicitations.