Suspendue d’exercice par la chambre disciplinaire du Conseil de l’Ordre des médecins, la psychiatre a retrouvé son cœur de métier. Elle a exercé en intérim dans un centre hospitalier la semaine dernière, comme un souffle retrouvé après six mois d’arrêt forcé. La spécialiste n’en a toutefois pas terminé avec cette affaire puisqu’elle est convoquée au tribunal pour un jugement le 4 mai prochain.

➡️ Une fenêtre ouverte de quatre semaines

Pour rappel, le médecin a été interdit d’exercer du 1er octobre 2025 au 31 mars 2026 par la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins. Il lui est reproché d’avoir enchaîné jusqu’à une centaine de consultations quotidiennes ces dernières années, un nombre d’actes jugé incompatible avec les soins attendus par certains professionnels de santé. L’affaire a attiré l’attention de la justice à la suite d’une plainte déposée par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Ardennes pour escroquerie et blanchiment d’argent. Selon la CPAM, le préjudice est estimé à près de 441 000 euros, liés à des actes médicaux facturés entre 2022 et 2024, notamment via l’utilisation répétée de cartes Vitale.

Une somme correspondant à ce préjudice estimé a fait l’objet de récupérations financières. La psychiatre conteste ces accusations et a toujours clamé son innocence, évoquant une patientèle importante dans un contexte de pénurie de psychiatres et un rythme de travail soutenu.

➡️ Une reprise d’activité avant le jugement

Désormais de nouveau autorisée à exercer, la psychiatre souhaite reprendre une activité. Sur ses réseaux sociaux, elle indique rechercher un local dans les Ardennes, précisant que « les rendez-vous pris sont reportés », laissant entendre que des consultations avaient été envisagées. Cette reprise intervient alors que la procédure judiciaire suit son cours. Lors de l’audience, le procureur a requis une interdiction définitive d’exercer ainsi qu’une peine de trois ans de prison avec sursis.

« Je reprends pour le moment car je peux retravailler et j’ai confiance dans la justice. Je ne suis pas une criminelle », a indiqué le médecin sans souhaiter s’étendre davantage. Elle a cependant précisé avoir récemment exercé en tant que médecin intérimaire dans un hôpital du Puy-de-Dôme. Concernant son avenir, la psychiatre dit privilégier désormais un exercice en structure : « Je pourrais reprendre à travers une collectivité ou dans un hôpital, mais je ne veux plus que l’on me reproche de trop travailler », a-t-elle conclu.

Pour l’heure, son avenir professionnel reste suspendu à la décision de justice attendue le 4 mai prochain.